Étiquette : Tunisie

  • Chaillot invite Ness el Fen

    Chaillot invite Ness el Fen

    Le 25 mars 2025, une soirée exceptionnelle à Chaillot – Théâtre national de la danse (Paris)

    La révolution, la crise de la Covid, la guerre en Ukraine, ont constitué autant de chocs qui ont soumis la Tunisie à une très grande fragilité économique, confortée par une instabilité politique sans répit. Sans compter le discours identitaire véhiculé par les autorités qui s’impose intensément depuis 1 an, consécutif aux secousses du conflit israëlo-palestinien ici, comme dans toute la région. 

    Les artistes, le monde de la culture en général, après une parenthèse d’espoir vite dissipée, n’échappent pas à cette emprise qui les plonge dans une atmosphère générale pesante où les perspectives d’avenir sont limitées, les situations de travail toujours précaires, et la possibilité de circuler hors du pays se resserrent. Ce n’est pas nouveau bien sûr… la profession de danseur en Tunisie a toujours relevé du parcours du combattant, une épreuve partagée par la majorité des danseurs-chorégraphes qui luttent au quotidien pour préserver et cultiver leur passion, en faire un métier et trouver leur place dans une société, leur communauté, souvent très éloignéesde ces préoccupations.

    Pourtant, tant de vocations de jeunes artistes tunisiens ne demandent qu’à s’épanouir, alors même que le développement de la danse contemporaine tunisienne constitue l’un des phénomènes moteurs de l’émergence d’une scène chorégraphique dans le monde africain et arabo-musulman. Et c’est aussi pour cela qu’Artistes 100 Frontières souhaitent accompagner ces artistes à se produire en Europe.

    A l’invitation de Chaillot-Théâtre National de la Danse, Ness El Fen organisera avec notre association une soirée exceptionnelle pour célébrer la danse et la créativité tunisienne dans toute sa diversité, à la fin du mois de Ramadan, le 25 mars 2025. Cette nuit tunisienne à Paris sera le 1er jalon, d’une prochaine collaboration plus riche, dans le cadre de « Chaillot-Expérience » à l’occasion de la Saison Méditerranée en 2026.

    Grand moment de réconciliation et de convivialité, cette soirée ramadanesque sera rythmée par les jeunes danseurs de la compagnie Syhem Belkhodja et des artistes acteurs et actrices de leur temps, comme porte-flambeaux d’une fête des sens et de la rencontre fraternelle entre la France et la Tunisie.

    18h30 > 19h30
    Concert de musique soufie d’Haythem Hadhiri

    19h30 > 20h00
    Danse contemporaine « Hiwar »

    20h00 > 20h30
    Pause repas/Temps de discussions et d’échanges

    20h30 > 21h30
    Concert de Ÿuma

    21h30 > 22h00
    Danse contemporaine « Houdoud »

    22h00 > 22h30
    DJ set de Mofak

    Avec la collaboration des designers Anissa Aida & Salah Barka pour les costumes de scène.

    Alors, nous vous attendons nombreuses et nombreux ! Billet gratuit sur le site du théâtre national de Chaillot

  • Docs à Tunis

    Au delà des apparences, la fabrique du réel

    Décentrer le regard, ouvrir le champ

    Depuis son lancement en 2006, Doc à Tunis n’a de cesse d’élargir notre champ de vision en donnant à voir de multiples points de vue sur le monde portés par des réalisateurs d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques. Le genre documentaire a la force de filmer le réel au plus près tout en en perturbant les règles. Par son déplacement cinématographique, il apporte des nuances et des variations qui ont le pouvoir de déstabiliser la pensée unique, de traverser les apparences, tordre les clichés. Mû par un engagement du regard, le film documentaire fabrique du réel à partir de la réalité parfois la plus crue, d’un quotidien, à partir de personnes et de paysages qu’on ne voit plus ou qu’on n’entend pas, si proches ou si lointains, à partir de nous, de notre humanité.

    Une fabrique citoyenne et durable

    A l’ère du zapping, de la fragmentation de l’attention et de la démultiplication des images, Doc à Tunis revendique plus que jamais la nécessité de prendre le temps de voir un film documentaire ensemble, qui reflète et interroge la complexité du monde. Les films documentaires sélectionnés dans Doc à Tunis sont avant tout l’œuvre d’auteurs engagés dans leur environnement qui entretiennent un lien particulier avec leur réalité, artistique et éthique. Ils posent un regard dessus, s’en emparent, la creusent, la malaxent, pour mieux Voir. De singularité en singularité, aux quatre coins du globe, se tisse alors une communauté de regards citoyens dans laquelle Doc à Tunis et tous ceux qui l’accompagnent depuis sa création se reconnaissent. Grâce à une programmation exigeante, des rencontres et des espaces de discussion, le festival contribue ainsi à forger un regard critique et à développer la conscience des publics tunisiens sur l’actualité, le sens du politique et leur place dans le monde. Les salles de cinéma le 4ème Art, la Maison de la Culture Ibn Rachiq, le Colisée, le Mondial, et la nouvelle Cité de la Culture, seront des espaces propices, au cœur de la capitale tunisienne, à la circulation du film documentaire dans l’espace public et ouverts à l’échange. Car la fabrique du commun, l’expérimentation du réel, essentielles à la mission de Doc à Tunis dans la cité, ne vaut que si elles sont partagées et que s’il y a appropriation des films et des questions soulevées par les films dans le temps. S’adresser au public le plus large, à chaque édition, depuis 13 ans, quelles que soient les circonstances, tel est l’un des principes fondateurs de Doc à Tunis, festival qui réaffirme son choix d’être entièrement gratuit et qui fait le pari de la longévité.

    Catalyseur de talents

    Doc à Tunis a toujours joué le rôle de catalyseur de talents pour de nombreux jeunes étudiants et cinéastes amateurs qui après avoir éprouvé leur vocation au cours du festival, se sont lancés dans l’aventure du documentaire. L’intérêt pour le genre a été, depuis, relayé et pris en compte par le festival officiel des Journées Cinématographiques de Carthage qui a ouvert sa programmation au documentaire en lui consacrant plusieurs sections spécifiques. D’autres initiatives ont suivi également dans le pays (festivals à Douz, Médenine, Redeyef, compétition à Djerba…) qui en assurent la promotion à travers production, diffusion, communication et ateliers de formation. Ces manifestations, sans compter les nombreux nouveaux films nés après 2011, témoignent de la vitalité du genre documentaire en Tunisie, de l’existence d’un public ainsi que d’un véritable tissu culturel et associatif. Dans ce sens, les membres de la Fédération Tunisienne des Ciné-Clubs (FTCC) et les étudiants des écoles de cinéma de Tunis et toutes les associations de cinéma qui le souhaitent, seront associés à la construction de Doc à Tunis 2018, autour des multiples master class et rencontres professionnelles.

    Une sélection de films de création, unique à Tunis

    Depuis ses débuts, Doc à Tunis puise inspiration et soutien auprès de festivals prestigieux avec lesquels il a construit des partenariats actifs (le FID de Marseille, l’IDFA d’Amsterdam, le Film documentaire de Lusses, le Cinéma du Réel de Paris, Visions du réel-Festival international de cinéma de Nyon ainsi qu’avec le Département documentaire de Arte). Cette année encore, des films sélectionnés voire ou récompensés en 2016 et 2017 par les plus grands festivals internationaux du documentaire seront choisis dans la programmation. Doc à Tunis est un « festival sans visa », qui offre aux publics tunisiens l’occasion de voir des films nouveaux, d’une grande exigence cinématographique, pour la première fois à Tunis — car ils sont seulement diffusés dans des festivals étrangers. En effet, le festival privilégie la création documentaire contemporaine, la plus récente, venant de tous les continents, dont les démarches artistiques originales sont en phase avec les préoccupations du monde actuel. Master class et rencontres Toujours dans un esprit de filiation et transmission, Doc à Tunis proposera aux cinéastes tunisiens Hamza Ouni, Nouri Bouzid, Hichem Ben Ammar ainsi qu’à des réalisateurs internationaux invités, de diriger des masters class sur le documentaire au sein de l’EDAC (Ecole des Arts et du Cinéma de Tunis). Certains ateliers plus techniques s’adresseront aux professionnels et étudiants de cinéma, d’autres plus générales seront ouvertes aux cinéphiles et au grand public. Seront invités à ce tremplin cinéphile et professionnel, six cinéastes internationaux emblématiques d’une génération aux multiples talents : la marocaine Tala Hadid, le syrien Ziad Kalthoum, le congolais Dieudo Hamadi, ainsi que trois autres documentaristes français. Ces moments constitueront des occasions importantes d’échange et de partage d’expériences pour les jeunes réalisateurs tunisiens, pours les publics, et pour le rayonnement du festival hors de ses frontières. Décentralisation culturelle dans les régions Cette 12ème édition, fidèle à la liberté d’expression et de création acquise après la révolution de décembre 2010-janvier 2011, mettra particulièrement à l’honneur l’extraordinaire laboratoire de création documentaire des jeunes cinéastes tunisiens né dans le sillage de cette période charnière. En tant que plateforme de promotion de la production nationale, le festival lancera une section dédiée aux films documentaires tunisiens réalisés après la révolution qui sera diffusée dans les régions intérieures, Kairouan, Bizerte, Sfax, Zaghouan ,Sidi Bouzid et Nefta, puis suivie de tables rondes avec les publics. Poursuivant ainsi sa mission de décentralisation culturelle, Doc à Tunis s’implique dans le mouvement collectif en faveur de la sensibilisation des publics des régions éloignées des foyers culturels grâce à l’appui de ses nombreux relais locaux.

    Du 25 au 29 avril 2018 à Tunis, en partenariat avec Artistes 100 Frontières

    Programme complet sur http://www.nesselfen.org

  • Bagnolet By Tunis

    Bagnolet By Tunis est une résidence organisée à Bagnolet (Ile-de-France) en direction des jeunes artistes-interprètes issus du Maghreb ou de l’Afrique subsaharienne. C’est également un lieu d’accueil et de résidences entre de professionnels pour brasser les disciplines et les approches de la culture. Cette résidence permet d’héberger temporairement et d’accompagner durant leur séjour en France ces jeunes artistes-interprètes.

    Ness el Fen (Tunisie) et Artistes 100 frontières (France) se sont ainsi associés dans la réussite de ce projet.


    Lyes Bessrour (Tunis) – Cinéaste

    Lyes Bessrour

    Dans le cadre de la préparation du festival Docs à Tunis, Lyes a pu inaugurer le premier séjour à Bagnolet. L’association Artistes 100 frontières s’est mobilisée à ses côtés pour lui permettre de rencontrer producteurs et distributeurs de films à Paris. Il a ainsi pu nouer des liens avec des professionnels du cinéma afin d’alimenter la programmation du festival de documentaires « Docs à Tunis » dont il est le directeur artistique.

    Il souhaite proposer au public tunisien « un regard sur le monde d’aujourd’hui » au travers de la sélection de ces films. « Enrichir Docs à Tunis, le faire évoluer, pour qu’au-delà des films que nous projetons, des cinéastes viennent nous rejoindre à Tunis pour échanger avec la jeunesse tunisienne », telle est l’ambition de Lyes.

    Résident Avril 2018


    Oumaima Manai (Tunis) – Chorégraphe

    Oumaima est une chorégraphe et interprète tunisienne. Elle commence à danser à l’âge de 4 ans et intègre à 7 ans, le Ballet National de Tunis. En 2004, elle rejoint le « Sybel Dance Company ». Elle intègre ensuite la formation d’artistes chorégraphes au sein du Centre Méditerranéen de danse contemporaine à Tunis où elle s’enrichit en côtoyant plusieurs chorégraphes et artistes danseurs. S’intéressant à des domaines artistiques différents, toujours curieuse et avide de nouvelles rencontres et expériences, elle décide de partir en Belgique pour rejoindre la prestigieuse école PARTS chez Anne Teresa De Kreesmaker.

    En 2015, Oumaima Manai décroche le 1er prix du meilleur spectacle et interprétation par la Fondation TOTAL et l’Institut français lors du festival « Danse l’Afrique – Danse régionale en Tunisie ».

    Sensible à la transmission, elle se voit confier la direction artistique de la 13ème édition du Festival Tunis Capitale de la danse. Elle confirme aussi ses capacités pédagogiques et passe son amour pour la danse et l’art en assurant pendant 10 ans des cours dans l’école de danse pour enfants de 4 à 18 ans au centre culturel Menzah 6 en Tunisie.

    La jeune artiste s’enrichit d’année en année par ses différentes expériences et ses échanges culturels, par sa volonté de toucher différents domaines artistiques, lui permettant ainsi d’avoir un accord perceptible grâce au rythme et à la composition chorégraphique ainsi qu’une vision personnelle et une certaine rage de développer son propre univers. Un univers qui s’exprime par une gestuelle inspirée par une symbolique religieuse, la féminité, le sensoriel, le matériel. Son rêve est de développer l’art en Tunisie, son pays natal et de transmettre cette passion en faisant explorer à ceux qu’elle forme ou aux artistes avec qui elle collabore, leurs capacités de création, d’expressions et leur apporter une contribution spécifique, complémentaire et irremplaçable pour tout ce qui relève du sensible, du sensoriel et du corporel… Pour elle, « la danse n’est pas la perfection du corps, ou la beauté des membres, c’est plutôt la force qui n’a pas de limites et l’expression de la perfection de l’esprit ».

    Résidente Novembre 2018

  • EL Fabrica

    Les attentats du Bardo, de Sousse et plus largement dans le monde, questionnent sur le vivre ensemble. La transition postrévolutionnaire dans laquelle est engagée la Tunisie tend à démontrer que des fortes tensions menacent la stabilité du processus de démocratisation. La jeunesse tunisienne de régions intérieures est laissée en marge du progrès créant autant d’appels d’air à la radicalisation, faute d’avenir meilleur. Conjuguée au chômage, qui s’élevait en moyenne en 2016 à 15,6 % au sein de la population active et 23,1 % chez les femmes, cette situation explique le nombre de départs massifs de jeunes au sein de l’organisation terroriste Daesh.

    Fort de son expérience et de son engagement en faveur de la jeunesse, Ness El Fen a élaboré en 2016 « El Fabrica, un passeport pour la vie » pour contrer le développement de Daesh qui « propose un passeport pour la mort ». L’ambition est de redonner une dignité, de l’espoir et un socle éducatif à ces jeunes filles et jeunes garçons déscolarisés, demandeurs d’emplois ou salariés précaires afin de les éloigner de la déliquescence et des extrémismes religieux. Pendant 6 mois, Ness El Fen a ainsi expérimenté un dispositif de création artistique. Après avoir auditionné plus de 1000 danseurs, 10 jeunes dans 10 régions du sud du pays ont été sélectionnés et ont bénéficié d’ateliers de pratique artistique. L’objectif était de faire travailler ces 100 jeunes sur le rapport au corps (rapport avec soi-même et au monde), leurs rapports aux autres (place de la mixité) afin de les émanciper de leur déterminisme social.

    Par son immersion dans le monde de la danse, le jeune acquiert ainsi des valeurs, des savoir être et des savoir-faire propres au monde du travail : le respect des horaires et des délais, le travail en équipe, autant d’atouts indispensables à maitriser pour entrer de plain-pied dans la vie active. Le projet artistique permet également d’appréhender la réalité de secteur d’activité qu’est le spectacle vivant : la technique (aménagements du plateau…), l’administratif (la circulation des compagnies…) et bien sur l’artistique.

    Le projet permet également aux jeunes d’un même groupe de se rencontrer, d’échanger, et d’apprendre à créer ensemble, au-delà de leurs différences. Il contribue ainsi à l’ouverture des jeunes au monde qui les entoure et permet de les sortir de leur enfermement : d’abord à l’échelle du groupe, puis dans leur région, en tant « qu’ambassadeur » auprès d’autres jeunes. Ces 10 groupes ont travaillé chacun en autonomie pendant 6 mois : les plus assidus se sont rendus à Tunis en mai 2016 pour présenter et confronter leur travail face à un vrai public lors de « Tunis Capitale de la Danse » où des prix leurs ont été remis. A travers la pratique de pièces chorégraphiques étrangères, un dialogue interculturel s’est initié, notamment avec les danseurs ou chorégraphes venus spécialement en Tunisie. Ces jeunes ont pu retrouver confiance en eux et dans leurs propres capacités d’action : ils ont à leur tour organisé un festival, créer un studio de danse ou de musique.

    Fabrica à Tunis Capitale de la Danse 2016 from EDAC Tunisie on Vimeo.

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  • Les frontières de l’invisible

    Les frontières de l’invisible

    Après 30 ans Déjà et Turbulences, la danseuse et chorégraphe tunisienne Syhem Belkhodja revient au Pavillon Noir pour sa nouvelle création Les frontières de l’invisible. Une pièce écrite dans les soubresauts de l’histoire contemporaine et les replis nauséeux de l’âme humaine : l’exil d’un côté, la barbarie de l’autre. Et son éternel recommencement, hélas ! Par la danse, Syhem Belkhodja remet en cause les frontières du corps et nos limites de déplacement. Elle dit la marche d’un artiste migrant, réfugié, qui erre à la recherche d’un refuge pour une vie solitaire. Une survie, en réalité. Elle dresse le portrait en filigranes d’hommes ou de femmes rendus à l’anonymat, elle évoque des intérieurs plongés dans l’obscurité, des yeux fermés sur des rêves inaccessibles… Pour tresser les frontières de l’invisible, « six danseurs et un rail traversant la scène, comme pour un travelling de vie. Six personnages issus d’un monde sans identité avec des racines troubles ; où, quand, des indignés » écrit-elle. Dans nos cœurs, il pleut des images sur Les frontières de l’invisible, il vente des sons en rafales. Impossible de rester sourd, impossible de se taire.

    Frontières de l'invisible

    Création 2016 Pièce pour 6 danseurs Chorégraphie Syhem Belkhodja Production Ness El Fen Coproduction Ballet Preljocaj / Pavillon Noir – Centre Chorégraphique National Aix-en-Provence.

     

    Grand Studio / Jeudi 6 Octobre 2016 à 20h30 / Vendredi 7 octobre à 20h30 / Samedi 8 octobre à 19h30

    Durée  : 1h15

    Frontières de l’invisible (Reportage El Hiwar Ettounssi) from EDAC Tunisie on Vimeo.

     

     

  • Al Kalimat

    #Libre de penser / Libre de Danser – 1er-3 mai 2015

    tunis-capital-danse-kalimat-affiche4e édition d’Al Kalimat, le Marathon des mots de Tunis

    En réaction à l’attentat meurtrier au Musée du Bardo survenu le 18 mars, une nouvelle édition du festival Al Kalimat s’est décidée dans l’urgence pour réagir, pour résister, pour dire la solidarité avec les Tunisiens par la présence d’écrivains, d’intellectuels, d’artistes d’ici et d’ailleurs qui vont intervenir, pour une partie de la programmation, sur le lieu même de cette attaque innommable.

    Depuis quatre ans, le Marathon des mots accompagne Al Kalimat, le Marathon des mots de Tunis. Face aux attentats du Bardo, il nous a semblé essentiel de ne pas se résoudre et de se battre ensemble pour proposer dès ce mois de mai, à quelques semaines du Marathon des mots à Toulouse, une nouvelle édition de ce festival tunisien qui fait aussi écho au travail de l’association Ness el Fen tout au long de l’année pour la liberté de création.

    Ainsi la thématique choisie “Libre de créer” est l’occasion de rassembler des écrivains, des artistes et des intellectuels de tous horizons. Nous le disions il y a quatre ans à la création d’Al Kalimat et notre engagement reste résolument le même, à l’heure où la Tunisie subit comme la France, le Kenya, le Danemark des attentats sanglants : « Ici à Tunis a commencé la vraie révolution : celle des mots, portés par des voix souvent simples, jeunes, anonymes qui se sont élevées pour mettre fin à la dictature et pour réclamer la démocratie. Ici, à Tunis, et malgré les difficultés de tous ordres, chaque voix compte désormais. Tel est du moins le fondement d’une révolution qui est passée par l’expression, par le pouvoir des mots, y compris ceux de la blogosphère, par celui de voix qui se sont hissées aux oreilles du monde entier, des voix hautes. »

    À Tunis, pendant Al Kalimat, on entend comme chaque année des textes en français comme en arabe, avec la présence de nombreux intellectuels et écrivains dont le Prix Goncourt Atiq Rahimi. Nous rendons hommage, en ouverture, à une grande conscience tunisienne Abdelwahab Meddeb, disparu récemment – et à l’habitude, la jeunesse sera au rendez-vous des nombreuses propositions artistiques menées par Ness El Fen, en parallèle de son édition de « Tunis capitale de la danse »…

    Rendez-vous donc pour cette 4e édition, décidée dans l’urgence d’une réponse à l’obscurantisme et au fanatisme, faite d’échanges, de rencontres et de lectures. Pour réussir à faire entendre de nouveau, trois jours durant, au cœur de Tunis des écrivains, des intellectuels et des artistes au combat pour la liberté de créer, de filmer, de dessiner, de danser, tout simplement de s’exprimer…

    Al Kalimat est co-produit par l’association Toulouse le Marathon du livre et l’association Ness El Fen.
  • Appel aux Directeurs des Centres Chorégraphiques Nationaux

    Appel aux Directeurs des Centres Chorégraphiques Nationaux

    Diffusé le 21 avril 2015 sur le site du Syndeac

    L’Association Ness El Fen (Les gens de l’art) a été fondée en 2002, suite aux attentats du 11 septembre 2001 à New York et de Djerba en avril 2002. Le lancement du festival des Rencontres Chorégraphiques de Carthage, devenu, depuis 2011, Tunis Capitale de la danse, était une première réponse, un acte de résistance face aux menaces terroristes.

    Aujourd’hui, ce phénomène s’amplifie et redouble de violence. Il frappe aveuglément, dans une folie meurtrière qui échappe à toute raison, à toute justification.  Il prend pour cible nos existences en tant qu’artistes, nos valeurs. Après l’attaque contre la liberté d’expression à Paris en janvier, Le musée du Bardo en mars ; et à travers ce lieu et les victimes innocentes, c’est notre histoire, notre patrimoine, notre identité, notre appartenance à l’humanité auxquelles on a voulu porter atteinte.

    Mais en dépit de l’horreur, de la détresse, de la colère et des craintes, nous refusons de céder à la peur, de baisser les bras face à l’adversité.

    Résistance et combat contre ce fléau sont donc plus que jamais à l’ordre du jour, avec, pour slogans, portés haut et fort :

    Libre de créer, libre de penser, libre de danser, libre de dessiner…

    D’où cet appel à nous rejoindre pour porter,  soutenir notre initiative l’Association d’Artistes 100 frontières Tunisie.

    Inspirée du modèle de Médecins sans frontières et Reporters sans frontières, l’Association Artistes 100 frontières Tunisie se voue à la défense des artistes et de la liberté de création. Lancée en Tunisie, elle a pour ambition de développer un large réseau de soutien à sa cause en suscitant, notamment, la création d’associations similaires à l’échelle internationale.

    L’initiative en revient à des personnalités indépendantes, artistes,  opérateurs culturels tunisiens et étrangers qui ont décidé de mobiliser collectivement leur énergie, leur talent et leur notoriété au service des artistes et de la liberté de création partout où ils sont réprimés et menacés, et plus particulièrement dans les pays arabes et africains où, de surcroit, les artistes ne bénéficient ni de statut ni de reconnaissance ni de moyens pour exercer leur métier.

    La création de ASFT se veut une riposte à cette situation. Elle s’inscrit dans le sillage des révolutions qui ont fait chuter les régimes despotiques connus pour la répression des artistes et de la liberté de création. Or force est de constater, aujourd’hui, que dans la plupart des pays de la région, la situation des artistes reste fragile, alarmante.

    Opération : Tous à Tunis !

    Venez nombreux nous rejoindre lors du festival Tunis capitale de la danse du 29 avril au 3 mai 2015

    Si vos agendas sont chargés, faites-nous le cadeau de votre présence ne serait-ce que pour un week-end ou une seule journée. L’avion vous permet de venir le matin et de repartir le soir.

    Comme les chefs d’Etats et de Gouvernement l’ont fait, en signe de solidarité le 29 mars au Bardo, on souhaite vous associer à une marche de danseurs et d’artistes organisée le 2 mai sur l’avenue Bourguiba.